Bonjour, J’ai créé ce blog afin de pouvoir échanger sur un sujet qui me touche. De manière de plus en plus précise, il apparaît évident que nos société dites développées ont pour règle de nous priver d’emploi et de nous expliquer que c’est normal parce que ça ne peut pas être autrement.
L’exemple de l’automobile est édifiant. Dès les premiers jours de la crise que nous traversons, les réductions d’emploi, la liquidation des sous-traitants et le chômage technique se sont abattus avec violence sur notre pays. Dans le même temps, lorsque vous vous présentez chez un concessionnaire pour acheter un véhicule, on vous impose un délai de livraison de dix à quatorze semaines. J’ai fait l’expérience chez Renault pour
la Clio et chez Peugeot pour la 207, en accompagnant une personne désirant changer de voiture. Incroyable mais vrai. Que dire encore de nos banques, soit disant à l’agonie voici quelques mois, qui finalement nous disent aujourd’hui que tout va bien et qu’il est hors de question qu’on leur impose un contrôle extérieur.
Que dire aussi des paradis fiscaux ou toutes nos grandes entreprises disposent de filiales et de comptes bien garnis, qui leur permettent de déguiser leurs résultats d’exploitation et donc de justifier que payer leurs concitoyens leur coute trop cher. Les placements dans les paradis fiscaux sont de quatorze mille milliards de dollars soit l’équivalent du PIB des USA. Pour atteindre de telles sommes nous pouvons être fiers de la rentabilité de nos entreprises !!!
Ces quelques exemples illustrer que l’économie n’est plus au service de la société et de son organisation mais un outil au service de la finance mondiale qui espère bien dicter sa loi le plus longtemps possible, ce qui est complètement pervers. La monnaie a été créée pour faciliter les échanges économiques et commerciaux, de moyen elle est devenue finalité.
Alors, comme on a tendance à nous le faire croire, n’existe-t-il pas d’autres solutions ? Devons nous accepter passivement la privation de notre travail, pour nous et nos enfants ? Moi je dis non car il existe des solutions, mais elles demandent du courage et surtout du courage politique, ce qui n’est pas forcement la qualité première de nos dirigeants et cadres politiques, quelle que soit leur couleur.
La piste la plus intéressante que j’ai trouvée, dont je souhaiterai débattre est
la TVA sociale. Cette application serait le point d’appui d’un rééquilibrage des rapports économiques à l’heure de la mondialisation en redonnant une juste place à la valeur travail et qui ouvrirait un véritable espace à une politique sociale dans les pays en voie de développement qui en ont bien besoin.
La TVA sociale, qu’est-ce que c’est ?
Actuellement le financement de la politique sociale, santé, retraite, chômage est assurée par des cotisations sociales prélevées sur le salaire, le montant total des prélèvements est à peu prés équivalant au salaire net touché par le salarié. Le nouveau calcul s’effectuerait selon les critères de
la TVA en calculant un pourcentage destiné au financement de la couverture sociale. Le budget social ne serait alors plus supporté par le travail mais par la valeur ajoutée que dégage une entreprise. Comme pour
la TVA, les produits exportés seraient hors TVA et TVA sociale, par contre elle s’appliquerait aux importations qui contribueraient donc au financement de la politique sociale
Cette mesure redonnerait très rapidement sa place au travail car les énormes investissements pour automatisation des outils de travail perdraient de leur rentabilité et la main d’œuvre retrouverait sa compétitivité. Je fais part d’une expérience que j’ai vécue dans les années 80. C’était l’époque du véritable essor des outils de production à commande numérique et j’ai effectué une étude dans une menuiserie qui venait de s’équiper d’une unité de production pour la fabrication des fenêtres. Avec cette magnifique machine les temps de main d’œuvre sont passés progressivement de 2h30 à 20mn par unité (sur une période de trois ans). Mon étude ne portait que sur les temps de production, il faut rajouter la préparation en amont et les contraintes d’entretien de l’outil, ce qui devait faire en réel un rapport de 2h30 à 45mn environ. Donc en trois ans pour une même valeur ajoutée l’entreprise a parfaitement su diminuer sa contribution nécessaire à la survie de notre politique sociale et participer à la croissance du chômage. Si
la TVA sociale avait été en place le retour sur investissement aurait été 2,5 à 3 fois plus long et donc non rentable, du travail aurait été maintenu.
La TVA sociale est-elle une mesure protectionniste ?
Pour les accros du libéralisme et donc pour les gardiens du temple de la finance internationale oui. Ils ne se réfèrent pas à une règle économique mais à une logique financière qui doit leur laisser l’entière liberté d’aller chercher le profit maximum ou ils le souhaitent. Pour ceux qui considèrent que l’économie doit servir à l’organisation et à l’épanouissement d’une société,
la TVA sociale est un simple outil de sa politique générale.
Les biens faits de
la TVA sociale.
D’abord restituer ses lettres de noblesse à la main d’œuvre. Il est inconcevable que nous acceptions que nous donner du travail coute trop cher et donc qu’on nous le spolie. Aucune société ne peut survivre si on la prive de travail et je ne veux pas laisser ce boulet à mes enfants et petits enfants.
Cette mesure contribue à l’amélioration de la situation dans les pays en voie de développement en leur offrant l’espace pour la mise en place d’une politique sociale qui ne grèverait pas leur compétitivité internationale, leurs exportations s’effectuant hors taxes. Il est à noter que la recherche actuelle du plus grand profit financier, si il sert à la croissance économique, n’apporte dans bien des pays que peu de progrès sociaux, quand il ne s’agit pas de régression. Les réserves financières détournées dans les paradis fiscaux permettraient, sans gène pour les pays riches de contribuer à ce nouveau développement.
Elle contribue au développement durable en rendant moins rentable le transport, ce qui favorisera la relocalisation d’un certain nombre de productions. Une contribution importante à la lutte contre le réchauffement climatique.
Les entraves à la mise en place de
la TVA sociale.
Elle doit s’inscrire dans le contexte des échanges internationaux et de la mondialisation, elle devra donc s’accompagner d’intenses négociations afin de ne pas apparaître comme une mesure protectionniste.
En France Nicolas Sarkozy souhaitait mettre en œuvre cet immense chantier, mais le débat à tourné court pendant l’entre deux tours de la campagne des élections législatives de 2007 lors d’un débat télévisé lorsque Laurent Fabius à accusé Jean-Louis Borloo d’appartenir à un gouvernement qui allait augmenter
la TVA au détriment du pouvoir d’achat des français. Cette sortie de Fabius a fait perdre plusieurs points à l’UMP et privé Sarkozy du triomphe que lui laissait espérer les résultats du premier tour,
la TVA a été prestement enterrée. Merci Monsieur Fabius d’avoir, par basse manipulation politicienne privé notre pays d’un débat sur un sujet essentiel.
Tout changement fait peur, tant qu’un sujet n’est pas porté par l’opinion, le politique ne veut pas s’en emparer de peur de perdre son électorat.
Les syndicats sont contre sauf
la CG-PME, ils gèrent les organismes sociaux et cette réforme leur ferait perdre le peu de pouvoir qu’il leur reste, vu leur manque de représentativité. Le Medef est aussi contre, ce qui pourrait paraître contradictoire mais cette mesure irait à l’encontre des énormes investissements de ses membres dans leurs projets de délocalisation.
Je ne suis pas économiste, je ne suis pas politique, je suis sur que la crise déclenchée à l’automne n’est pas résolue et dans les prochaines semaines, les prochains mois ou les prochaines années elle se réveillera avec violence. L’ordre des choses n’est pas immuable. Je crois un changement possible et aimerais en débattre avec ceux qui le souhaitent. C’est la première fois que je crée un blog, je n’ai aucune idée de son devenir.